Instantané N° 47 septembre 2008

Spidroïne

Souple et légère, la toile d'araignée flotte au gré du vent. En apparence si fragile la soie qui tisse la toile de l'araignée pourrait supporter le poids d'un Airbus bondé si elle avait le calibre d'un tuyau d'arrosage ! Un tel matériau doit cacher des propriétés extraordinaires.

Contrairement à la soie 'adhésive' qui tisse l'essentiel de la toile, celle qui la borde est particulièrement extensible et robuste; elle peut non seulement étirer sa longueur de plus de 40% mais peut aussi absorber plus de 100 fois l'énergie que pourrait supporter de l'acier sans céder. Elle doit ses particularités mécaniques à la protéine spidroïne et elle se trouve être l'un des matériaux les plus robustes.

La spidroïne est constituée au niveau moléculaire de régions - appelées aussi modules - cristallines et de régions amorphes. La partie cristalline rend la protéine robuste alors que les régions amorphes participent à son extensibilité. Les diverses sortes de soies d'araignée ont des concentrations différentes de cristaux, ce qui leur confère des propriétés mécaniques différentes. Et si les araignées peuvent tisser des soies dotées de caractéristiques si extraordinaires, les hommes tentent de le faire aussi...

Les scientifiques ont consacré beaucoup de temps à l'étude des propriétés de la spidroïne dans l'espoir de synthétiser des biomatériaux performants. En effet, une connaissance approfondie de chaque module permettrait alors de produire un type de fibre à la carte. De telles fibres pourraient être employées dans la fabrication de tendons artificiels ou d'attaches pour des satellites par exemple. Mais il reste sans doute un long chemin à parcourir, voilà 380 millions d'années que les araignées savent tisser...

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